A votre avis, comment se débrouille au bac une classe de filière STG, de gestion, en proche banlieue parisienne ?
Réponse : laborieusement. Les résultats sont éloquents : sur une classe de 26 élèves, seulement la moitié a été admise au premier tour. Je ne vous le fait pas dire, 50% de réussite, c’est vraiment pas beaucoup. On est loin de l’idyllique « objectif 80% de réussite au bac« , fixé par le ministère depuis déjà un certain temps.
C’est assez étrange car, d’un côté, la filière STG est réputée bien plus facile que la filière S, pourtant, le taux de réussite ne suit pas ! Si s’en est ainsi, c’est parce que les meilleurs élèves, ceux qui ont compris que c’est la série Scientifique qui ouvre toutes les portes, vont dans celle-ci. Et ils travaillent. Ceux de la STG, je ne dirais pas qu’ils sont jetés là-dedans par dépit, mais il y a un fond de vérité, malgré tout. Bref, ils sont moins studieux, moins assidus. Sous prétexte que la STG est sensé être plus facile, alors on fait moins d’effort. Et c’est là le piège : la STG n’est pas si évidente que cela. En tout cas, je ne l’ai pas trouvé particulièrement facile. Il faut gamberger un minimum.
Bon, personnellement, moi le bac, je l’ai eu avec la mention assez bien (12-14/20). J’aurais espéré une mention bien (14-16/20), mais je ne vais pas cracher dans la soupe quand le reste de la classe se traine avec difficulté pour atteindre péniblement la moyenne..
Je ne connais pas à l’heure actuelle les résultats nationaux. Mais je pense que la moyenne de tous les bacs, toute région, tournera autour de 80% de réussite… comme le veut le ministère. Je ne dit pas qu’il trafique les notes, mais disons qu’il fait le nécessaire pour assouplir les corrections des professeurs, de façon à ce que se ne soit pas trop le carnage. Ce n’est pas un secret. Notre bac n’a plus rien à voir avec celui qui existait il y a 40 ou 50 ans. Avant le taux de réussite était de 20%. C’était une autre histoire, un truc de vicieux.
C’est le dernier jour avant le bac, on le sait que trop bien. Si bon nombre de lycéens sont sur les nerfs, stressés comme des puces, moi, étrangement, ça va…
Franchement, en relisant mes cours, j’ai pu constater avec gravité que l’éducation nationale est par essence une entité boulimique. Vous avez vu TOUT ce qu’on a à apprendre ? En histoire-géo, une matière de rien du tout, j’ai 10 chapitres. En éco-droit, une matière bien balèze, j’en est plus du triple ! Nous, on doit avaler et digérer tout ça… Mais qui est assez dupe pour penser que ça restera sagement dans notre ventre, bien digéré ? En vérité, dès le bac fini, qu’est-ce que tous ces petits étudiants à qui on a forcé de manger cette pâtée vont faire ? C’est simple : comme les vrais boulimiques, ils vont tout régurgiter, tout vomir.
Déjà, notre conseil de classe était le 2 juin. Inutile de vous dire qu’à doté de cette date, plus personne (ou presque) ne prenait la peine de venir en cours. Mais déjà, une semaine ou deux avant celle-ci, les cours étaient lentement désertés par les élèves. Par exemple, l’Anglais, langue vivante une, coefficient 3, avait été totalement boycottée par les élèves. Pourquoi ? N’allez pas le demander au professeur, s’en est lui-même la cause intime et inavouée, pour cause de « cours » totalement aberrants que l’on fit tout au long de l’année avec lui. La philosophie aussi, coefficient 2, notre classe fit une croix dessus pour des raisons un peu similaires.