Comme je le disais dans un ancien billet, Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation Nationale, a été remplacé par Luc Chatel. Attardons-nous donc un peu sur ce nouveau personnage. Qui est-il ?
De manière concise, on peut dire que Luc Chatel est un homme politique français de 45 ans. Il a fait Sorbonne. A été directeur des ressources humaines de L’Oréal. En parallèle, il fut engagé politiquement au sein des partis libéraux et républicains. Il occupa des postes de Député, Conseiller régional, municipal et maire (qu’il est encore). Depuis 2002 à 2005, il fut Secrétaire national de l’UMP. A ce jour, il est ministre de l’Education Nationale et porte-parole de l’UMP.

Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale
Ce qui me gène dans tout ça, c’est que ce nouveau ministre, d’accord il a une tête bien sympathique, mais il n’y connait à peu près rien au milieu scolaire. Je trouve troublant de placer au sommet de la hiérarchie des personnes qui n’ont qu’une vague idée des problèmes auxquels l’école contemporaine peut-être confrontée.
Parce que j’imagine bien que monsieur Chatel n’est pas allé une salle de classe depuis longtemps pour voir l’ambiance qui peut y régner, la motivation très hypothétique des élèves et des enseignants, ou des cours se faisant dans le brouhaha…
Je ne parle pas d’un petit jeune qui sous l’emprise d’une pulsion poignarda son professeur. Bien que très grave, ce fait reste exceptionnel - sur les à peu près dix millions d’élèves qui vont du lundi au vendredi en cours. Non, moi je parle d’un problème plus profond, tellement ancré dans le quotidien que plus personne n’y prend garde – comme un cancer qu’on fini par oublier.
Ce problème, même l’ancien ministre, Xavier Darcos, pourtant ayant été professeur au début de sa carrière, n’a pas été fichu de le desceller (cela dit, vu les classes qu’il eut à « tenir », il ne risquait pas de voir le malaise qui habite l’Enseignement – en 1981, il enseigne en classe de première supérieure au lycée Michel-Montaigne à Bordeaux de 1982 à 1987, puis est nommé professeur de chaire supérieure en première supérieure au lycée Louis-le-Grand à Paris jusqu’en 1992).
Je me pose souvent cette question : est-ce que les ministres, dont le rôle est somme toute de contenter le peuple dans leur domaine, ont-ils la moindre idée de ce que celui-ci veut ? Peut-être pas… Mais le peuple, lui, sait-il ce qu’il veut ?
Alors que les épreuves du Baccalauréat viennent de se clore pour les lycéens dans une joie mitigée, mais des soulagements sincères, Xavier Darcos, alors ministre de l’Education Nationale, vient de prendre ses affaires et de plier bagage. J’espère que vous ne vous faites pas trop de soucis pour lui puisqu’il ne fait que changer de déguisement, pour endosser cette fois celui de ministre du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité (ouf).