La réforme du lycée

Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale.

Nous sommes beaucoup à entendre parler de la fameuse réforme du lycée, mais finalement assez peu à savoir de quoi il s’agit précisément. L’autre jour, en allant tranquillement à mon cours de psychologie à l’université, un étudiant engagé me colla un prospectus à la figure. Et ce prospectus, non seulement je l’ai lu, mais en plus je l’ai gardé. Les premières lignes sont celles-ci : « Contre la casse du Bac et de la LRU : Construisons l’unité des lycéens et des étudiants ! »

Bon… ce qu’ils proposèrent de concret fut d’aller se rassembler dans la rue et de se mettre en mode « manifestant ». Leur petit prospectus n’était pas mauvais. Question orthographe, ils s’en sont bien sortis puisque je n’y ai pas relevé de fautes – ce qui était loin d’être le cas lorsque j’étais encore au lycée et où les avis de manifestation en étaient constellés.

Ce qui est vraiment très étrange est cet espèce de no man’s land qui existe entre le ministère et l’école. L’impression que j’ai est celle de voir un ministère se comportant comme un petit intello qui cache sa copie de contrôle avec ses mains pour pas que son analphabète de voisin ne puisse profiter de son ô combien grand savoir. Il élabore sa petite réforme dans son coin, puis une fois qu’il est satisfait de lui-même, alors il déclare ses intentions à tous :
« Elèves et autres mécréants, soyez heureux car à présent je vous ai trouvé  la solution à vos problèmes existentiels. Je vous ai concocté une fabuleuse réforme dont l’ambition est d’annihiler vos faiblesses pour les transformer en qualités inspirés par mes soins. Je veux votre réussite. Croyez-moi. N’essayez pas de me résister, de protester, ou de lutter. Soumettez-vous à mon immensité. Amen. ».

Que le gouvernement émette des idées de changement pour l’école, je suis totalement pour, parce qu’il est clair que vu l’état dans lequel elle est embourbé, ça serait la moindre des choses de lui prêter main forte. Par contre, ce que je trouve très arrogant de sa part est d’avoir la prétention de détenir LA vérité. Bref, son idée de réforme, ça n’est plus une idée, c’est un PLAN qu’il suivra COÛTE QUE COÛTE, et ceci est dépit des vents et marées (traduire: protestations et désaccords). Il semble intimement convaincu d’avoir raison, que sa réforme est la bonne, si bien qu’il a l’air de refuser tout dialogue – sinon pourquoi y aurait-il des manifestations ?
C’est à partir de là que ça devient dangereux car si le ministère joue au vieux singe aveugle et sourd, que les étudiants sont obligés d’aller brailler dans la rue pour arriver à se faire entendre, alors nous sommes en présence de fanatisme. On peut aussi dire que la démocratie se prend une belle claque dans la tronche et un joli coup de soulier dans les reins.

Présentation de la réforme du lycée par Luc Chatel:

Définition de Fanatique : le terme fanatique désigne celui qui au nom d’une foi est capable de faire n’importe quoi pour la faire triompher.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 25 novembre 2009. Aucun commentaire.

La rentrée scolaire se déroule, comme à peu près chaque année, sans ac-coup. Celle de 2009 n’a pas raison d’y faire défaut, malgré le fait qu’elle se fasse sur un fond de crise financière et économique, sous la menace d’un virus à grippe au potentiel destructeur encore incertain, et sur des réformes de l’Éducation Nationale plutôt contestées.

Voici un court extrait de journal télévisé parlant de cette rentrée – ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant, ça sert juste pour accompagner mon texte !

Je pense aux professeurs que j’ai eu durant l’année 2008-2009. Je me souviens, il y a à peine 2 mois, alors qu’ils félicitaient les nouveaux bacheliers, je leur annonçais que très vite, à peine le temps de souffler, ils seraient déjà face à un nouveau bataillon d’élèves ; et hop, une nouvelle année scolaire aurait commencé. Ce jour prédit, c’est maintenant. Et c’est vrai que ces deux mois de vacances semblent avoir passé tellement vite…

La rentrée des classes

La rentrée des classes, est-elle vécue péniblement par les élèves ?

Je repense à tous ces enseignants qui, cette année encore, vont reproduire le même schéma, le même comportement, les mêmes automatismes, face à leurs nouvelles classes. Et je me dis que ça ressemble comme deux gouttes d’eau à un cycle morbide. Par exemple, cet ancien professeur d’anglais qui était incapable de gérer ne serait-ce qu’une demi-classe ou de lui apprendre quoi que se soit d’utile, eh bien, va à nouveau être aux commandes de dizaines d’élèves. Ne trouvez-vous pas ça malsain, vous ? Ne trouvez-vous pas pervers le fait de payer un individu tous les mois dont le job consiste à démotiver et rabaisser le niveau de jeunes lycéens ? Cet enseignant ne le fait évidemment pas volontairement mais, pourtant, je vous assure que le mal est bien présent.

Le cas de ce professeur d’anglais est assez révélateur dont comment l’école fonctionne. Tous ne sont pas comme lui, vous me direz, et c’est vrai, mais beaucoup sont enlisés avec plus ou moins de force dans ce genre de travers. Mais le pire, le pire de ce cercle malsain, c’est qu’un jour, un inspecteur, dont le rôle et de vérifier que les enseignants font bien leur travail, viendra juger du travail de ce professeur, et oh…! avec un peu de chance il le trouvera satisfaisant et lui octroiera même une augmentation de salaire. Formidable pour lui. Catastrophique pour la société.

D’après ce que je peux estimer des réformes annoncées par Luc Chatel, nouveau ministre de l’Éducation Nationale, je ne crois pas qu’elles changeront quoi que se soit au problème de fond de l’école contemporaine – sans pour autant aggraver les choses. Mais j’en reparlerai plus en détail dans un autre billet.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 2 septembre 2009. 2 commentaires.

Je vous donnerai mon point de vue, celui d’un jeune homme en Terminale de région parisienne, dans un lycée tout à fait normal, sur comment les jeunes abordent le bac. C’est une vision tout à fait subjective, donc. D’autres élèves font autrement, mais il y en a quand même pas mal qui suivent mon propre cas !

bacDéjà, notre conseil de classe était le 2 juin. Inutile de vous dire qu’à doté de cette date, plus personne (ou presque) ne prenait la peine de venir en cours. Mais déjà, une semaine ou deux avant celle-ci, les cours étaient lentement désertés par les élèves. Par exemple, l’Anglais, langue vivante une, coefficient 3, avait été totalement boycottée par les élèves. Pourquoi ? N’allez pas le demander au professeur, s’en est lui-même la cause intime et inavouée, pour cause de « cours » totalement aberrants que l’on fit tout au long de l’année avec lui. La philosophie aussi, coefficient 2, notre classe fit une croix dessus pour des raisons un peu similaires.

Bref, revenons-en à ce bac. Il doit être vu comme un élément incertain, très franchement. Très incertain pour notre section, la STG (~gestion entreprise/commerce), puisque le taux de réussite de l’année dernière devait être de… allez, si mes souvenirs sont bon, le principal du lycée nous l’avait dit en début d’année, comme un signe d’alarme : 66%. 1 élève sur 3 a raté son bac STG en 2008 ! Ce chiffre est sensé être celui de l’académie de Créteil dans laquelle je suis.

Quant à mon établissement, je crois que les chiffres sont encore moins bon ! Eh oui, c’est tout à fait possible. Pourtant, n’allez pas croire que je suis dans une zone d’éducation prioritaire, ou avec un troupeau d’écervelés. Non, pas du tout. Nos classes sont, dans leur « attitude », dans l’esprit des jeunes qui les composent, totalement normaux. Le truc où ça coince, c’est sûrement les habitudes de travail et de révisions, qui ne furent pas toujours très réglo. Pourtant, tous les élèves de ma classe voulent leur bac. Tous, sans exception. Le problème n’est donc pas totalement à mettre sur leur dos.

A présent que les cours sont finis, l’heure est aux révisions. Nous avons depuis le 2 juin deux semaines et demi avant que le début du bac.  Et là, ça coince encore. Déjà, certains professeurs vont me dire que les révisions doivent avoir commencé depuis au moins un mois ou deux ! Mais la vérité, c’est que moi, je n’ai toujours rien commencé. Bon, là c’est aussi dans mon tempérament à faire tout à la dernière minute (déjà pour les oraux de ma spécialité, le jour où je devais présenter mes sujets à 15H, à 13H j’étais encore chez moi à les rédiger !). Tout cela pour dire que chez soi, devant toutes les tentations que peuvent être l’ordi, les sorties, le lit, la télé, difficile de se dire « stop. Maintenant, révisions ! ». Les choses trainent en longueur et ça devient un peu stressant, quand même…

Etant assez fin analyste, j’estime le même problème pour les autres élèves ; beaucoup seront forcés de réviser comme des porcs à une semaine des examens, parce que, comme je le dis toujours :  « la fin justifie les moyens ».

Posté dans Le Baccalauréat le 8 juin 2009. 5 commentaires.