La rentrée scolaire se déroule, comme à peu près chaque année, sans ac-coup. Celle de 2009 n’a pas raison d’y faire défaut, malgré le fait qu’elle se fasse sur un fond de crise financière et économique, sous la menace d’un virus à grippe au potentiel destructeur encore incertain, et sur des réformes de l’Éducation Nationale plutôt contestées.

Voici un court extrait de journal télévisé parlant de cette rentrée – ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant, ça sert juste pour accompagner mon texte !

Je pense aux professeurs que j’ai eu durant l’année 2008-2009. Je me souviens, il y a à peine 2 mois, alors qu’ils félicitaient les nouveaux bacheliers, je leur annonçais que très vite, à peine le temps de souffler, ils seraient déjà face à un nouveau bataillon d’élèves ; et hop, une nouvelle année scolaire aurait commencé. Ce jour prédit, c’est maintenant. Et c’est vrai que ces deux mois de vacances semblent avoir passé tellement vite…

La rentrée des classes

La rentrée des classes, est-elle vécue péniblement par les élèves ?

Je repense à tous ces enseignants qui, cette année encore, vont reproduire le même schéma, le même comportement, les mêmes automatismes, face à leurs nouvelles classes. Et je me dis que ça ressemble comme deux gouttes d’eau à un cycle morbide. Par exemple, cet ancien professeur d’anglais qui était incapable de gérer ne serait-ce qu’une demi-classe ou de lui apprendre quoi que se soit d’utile, eh bien, va à nouveau être aux commandes de dizaines d’élèves. Ne trouvez-vous pas ça malsain, vous ? Ne trouvez-vous pas pervers le fait de payer un individu tous les mois dont le job consiste à démotiver et rabaisser le niveau de jeunes lycéens ? Cet enseignant ne le fait évidemment pas volontairement mais, pourtant, je vous assure que le mal est bien présent.

Le cas de ce professeur d’anglais est assez révélateur dont comment l’école fonctionne. Tous ne sont pas comme lui, vous me direz, et c’est vrai, mais beaucoup sont enlisés avec plus ou moins de force dans ce genre de travers. Mais le pire, le pire de ce cercle malsain, c’est qu’un jour, un inspecteur, dont le rôle et de vérifier que les enseignants font bien leur travail, viendra juger du travail de ce professeur, et oh…! avec un peu de chance il le trouvera satisfaisant et lui octroiera même une augmentation de salaire. Formidable pour lui. Catastrophique pour la société.

D’après ce que je peux estimer des réformes annoncées par Luc Chatel, nouveau ministre de l’Éducation Nationale, je ne crois pas qu’elles changeront quoi que se soit au problème de fond de l’école contemporaine – sans pour autant aggraver les choses. Mais j’en reparlerai plus en détail dans un autre billet.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 2 septembre 2009. 2 commentaires.

86% : taux de réussite au bac de 2009

86% : taux de réussite au bac de 2009

Le taux de réussite au baccalauréat atteint cette année un nouveau chiffre record :  86%. C’est assez troublant comme résultat, ne trouvez-vous pas, pour une diplôme universitaire et aussi réputé ? En d’autres termes, sur une classe normale de 30 élèves, se serait 26 élèves qui auraient le fameux diplôme, et seulement 4 refusés. Dans un précédent article, je soulignais que dans le passé, il n’en avait pas toujours été ainsi. Pour cause, il y a tout juste 15 ans, le taux de réussite était d’un peu plus de 60% en France.

Mais que se passe-t-il en coulisse ? Eh bien, par exemple, pour prendre l’étape du moment des délibérations, là où le jury a une vue sur l’ensemble des notes d’un élève; et s’il constate qu’il lui manque 10 points pour avoir la moyenne, quelqu’un dit de manière tout à fait naturelle « on n’a qu’à lui rajouter deux points là » et un autre « un point ici », et pouf, le candidat a le bac. « Il y a un côté marchand de tapis assez absurde et dévalorisant pour les élèves comme pour les correcteurs. Le symbole du bac en prend pour son grade », déplore un jeune professeur de philosophie.

Sauf que si le bac n’est plus une étape véritable, quelque chose de ardu pour lequel on doit se battre, alors la difficulté n’est pas effacée pour autant. Elle est juste transférée plus loin ; aux premières années universitaires, notamment. Un peu comme un escadron de soldats qui, au lieu de vous attendre sur la place du village, se retranchent dans l’église où, ne vous y attendant pas, vous êtes pris par surprise et alors bien vulnérable !
Je n’ai pas de chiffres en main, mais les échos me disent en effet que la première année à la fac est une vraie boucherie. Le nombre d’étudiants ne réussissant pas à suivre la cadence est assez important. J’ai en tête une anecdote que m’avait raconté un ami où un autre ami à lui, alors en première année de fac de médecine, avait du mal à suivre dans les cours en amphithéâtre car trop d’étudiants venaient juste pour y foutre le souk.

Sources : Libération.fr – Taux de réussite record au bac : bonne nouvelle ?

Voici ce que Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a déclaré :

Le taux de réussite du premier coup au bac général a atteint cette année 78,4% des candidats, soit une hausse de 2,9% par rapport à 2008. Les résultats du bac 2009 sont très bons, c’est un excellent cru. On ne peut que s’en féliciter. Je me réjouis que le bac continue de jouer son rôle: consacrer la fin des études secondaires et être une clé d’entrée pour l’enseignement supérieur. Le bac est et restera une institution.

bac-reussite-taux-liste

Taux de réussite au bac 2009. La S en pôle-position.

Regardons le taux de réussite des différentes filières (sans le rattrapage):
Bac général : 78.4%
___ Série S : 80.7%
___ Série ES : 76.7%
___ Série L : 74.3%

Bac technologique : 62.9%
___ Secteur industriel : 68.1%
___ Secteur tertiaire : 60.8%

Les résultats sont équivalents d’une année à l’autre, à quelques points près. On constate au passage que c’est encore le bac Scientifique, pourtant sensé être le plus dur, qui obtient le meilleur taux de réussite. Pourtant, s’il est sensé être si dur, comment se fait-il que cela ne se voit pas dans les statistiques ?

De la même façon, le bac qu’on qualifie de plus facile, c’est à dire du secteur tertiaire (la gestion, notamment), est celui qui a le score le plus faible. Encore une fois, a quoi doit-on se fier ? Aux chiffres ou aux ragots ? C’est drôle car ceux qui ont tendance à lancer ce genre de déclarations à l’emporte-pièce n’ont jamais expérimentés par eux-mêmes les deux filières – soit la S (la plus dure) et la STG (la plus facile).

Ayant personnellement eut mon bac justement dans cette seconde filière, soit disante très simplette, il se trouve que même en apprenant par cœur mes leçons, ce que j’ai fait à quelques reprises, il est très difficile de dépasser la barre fatidique des 13/20. Alors qu’en série Scientifique, à priori, il suffit de comprendre ses formules et de les recracher, et on est à peu près sûr de décrocher plus de 15.  Pas étonnant que c’est là qu’il y est autant de mention Très Bien et Bien, alors qu’en STG, on lutte comme des porcs à essayer d’avoir ne serait-ce que Assez Bien (ce que j’ai eu). Vous pouvez avoir un autre article sur ce sujet :
» Les résultats du bac dans une classe STG.

Cela dit, si vous deviez choisir une filière, je vous conseillerais quand même la S, ne serait-ce parce qu’avec elle, vous avez toutes les portes d’ouvertes avec le bac en poche.

Posté dans Le Baccalauréat le 10 juillet 2009. 5 commentaires.

bac-STG-filiereA votre avis, comment se débrouille au bac une classe de filière STG, de gestion, en proche banlieue parisienne ?

Réponse : laborieusement. Les résultats sont éloquents : sur une classe de 26 élèves, seulement la moitié a été admise au premier tour. Je ne vous le fait pas dire, 50% de réussite, c’est vraiment pas beaucoup. On est loin de l’idyllique « objectif 80% de réussite au bac« , fixé par le ministère depuis déjà un certain temps.

C’est assez étrange car, d’un côté, la filière STG est réputée bien plus facile que la filière S, pourtant, le taux de réussite ne suit pas ! Si s’en est ainsi, c’est parce que les meilleurs élèves, ceux qui ont compris que c’est la série Scientifique qui ouvre toutes les portes, vont dans celle-ci. Et ils travaillent. Ceux de la STG, je ne dirais pas qu’ils sont jetés là-dedans par dépit, mais il y a un fond de vérité, malgré tout. Bref, ils sont moins studieux, moins assidus. Sous prétexte que la STG est sensé être plus facile, alors on fait moins d’effort. Et c’est là le piège : la STG n’est pas si évidente que cela. En tout cas, je ne l’ai pas trouvé particulièrement facile. Il faut gamberger un minimum.

Bon, personnellement, moi le bac, je l’ai eu avec la mention assez bien (12-14/20). J’aurais espéré une mention bien (14-16/20), mais je ne vais pas cracher dans la soupe quand le reste de la classe se traine avec difficulté pour atteindre péniblement la moyenne..

Je ne connais pas à l’heure actuelle les résultats nationaux. Mais je pense que la moyenne de tous les bacs, toute région, tournera autour de 80% de réussite… comme le veut le ministère. Je ne dit pas qu’il trafique les notes, mais disons qu’il fait le nécessaire pour assouplir les corrections des professeurs, de façon à ce que se ne soit pas trop le carnage. Ce n’est pas un secret. Notre bac n’a plus rien à voir avec celui qui existait il y a 40 ou 50 ans. Avant le taux de réussite était de 20%. C’était une autre histoire, un truc de vicieux.

Posté dans Le Baccalauréat le 7 juillet 2009. 8 commentaires.