86% : taux de réussite au bac de 2009

86% : taux de réussite au bac de 2009

Le taux de réussite au baccalauréat atteint cette année un nouveau chiffre record :  86%. C’est assez troublant comme résultat, ne trouvez-vous pas, pour une diplôme universitaire et aussi réputé ? En d’autres termes, sur une classe normale de 30 élèves, se serait 26 élèves qui auraient le fameux diplôme, et seulement 4 refusés. Dans un précédent article, je soulignais que dans le passé, il n’en avait pas toujours été ainsi. Pour cause, il y a tout juste 15 ans, le taux de réussite était d’un peu plus de 60% en France.

Mais que se passe-t-il en coulisse ? Eh bien, par exemple, pour prendre l’étape du moment des délibérations, là où le jury a une vue sur l’ensemble des notes d’un élève; et s’il constate qu’il lui manque 10 points pour avoir la moyenne, quelqu’un dit de manière tout à fait naturelle « on n’a qu’à lui rajouter deux points là » et un autre « un point ici », et pouf, le candidat a le bac. « Il y a un côté marchand de tapis assez absurde et dévalorisant pour les élèves comme pour les correcteurs. Le symbole du bac en prend pour son grade », déplore un jeune professeur de philosophie.

Sauf que si le bac n’est plus une étape véritable, quelque chose de ardu pour lequel on doit se battre, alors la difficulté n’est pas effacée pour autant. Elle est juste transférée plus loin ; aux premières années universitaires, notamment. Un peu comme un escadron de soldats qui, au lieu de vous attendre sur la place du village, se retranchent dans l’église où, ne vous y attendant pas, vous êtes pris par surprise et alors bien vulnérable !
Je n’ai pas de chiffres en main, mais les échos me disent en effet que la première année à la fac est une vraie boucherie. Le nombre d’étudiants ne réussissant pas à suivre la cadence est assez important. J’ai en tête une anecdote que m’avait raconté un ami où un autre ami à lui, alors en première année de fac de médecine, avait du mal à suivre dans les cours en amphithéâtre car trop d’étudiants venaient juste pour y foutre le souk.

Sources : Libération.fr – Taux de réussite record au bac : bonne nouvelle ?

Voici ce que Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, a déclaré :

Le taux de réussite du premier coup au bac général a atteint cette année 78,4% des candidats, soit une hausse de 2,9% par rapport à 2008. Les résultats du bac 2009 sont très bons, c’est un excellent cru. On ne peut que s’en féliciter. Je me réjouis que le bac continue de jouer son rôle: consacrer la fin des études secondaires et être une clé d’entrée pour l’enseignement supérieur. Le bac est et restera une institution.

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Taux de réussite au bac 2009. La S en pôle-position.

Regardons le taux de réussite des différentes filières (sans le rattrapage):
Bac général : 78.4%
___ Série S : 80.7%
___ Série ES : 76.7%
___ Série L : 74.3%

Bac technologique : 62.9%
___ Secteur industriel : 68.1%
___ Secteur tertiaire : 60.8%

Les résultats sont équivalents d’une année à l’autre, à quelques points près. On constate au passage que c’est encore le bac Scientifique, pourtant sensé être le plus dur, qui obtient le meilleur taux de réussite. Pourtant, s’il est sensé être si dur, comment se fait-il que cela ne se voit pas dans les statistiques ?

De la même façon, le bac qu’on qualifie de plus facile, c’est à dire du secteur tertiaire (la gestion, notamment), est celui qui a le score le plus faible. Encore une fois, a quoi doit-on se fier ? Aux chiffres ou aux ragots ? C’est drôle car ceux qui ont tendance à lancer ce genre de déclarations à l’emporte-pièce n’ont jamais expérimentés par eux-mêmes les deux filières – soit la S (la plus dure) et la STG (la plus facile).

Ayant personnellement eut mon bac justement dans cette seconde filière, soit disante très simplette, il se trouve que même en apprenant par cœur mes leçons, ce que j’ai fait à quelques reprises, il est très difficile de dépasser la barre fatidique des 13/20. Alors qu’en série Scientifique, à priori, il suffit de comprendre ses formules et de les recracher, et on est à peu près sûr de décrocher plus de 15.  Pas étonnant que c’est là qu’il y est autant de mention Très Bien et Bien, alors qu’en STG, on lutte comme des porcs à essayer d’avoir ne serait-ce que Assez Bien (ce que j’ai eu). Vous pouvez avoir un autre article sur ce sujet :
» Les résultats du bac dans une classe STG.

Cela dit, si vous deviez choisir une filière, je vous conseillerais quand même la S, ne serait-ce parce qu’avec elle, vous avez toutes les portes d’ouvertes avec le bac en poche.

Posté dans Le Baccalauréat le 10 juillet 2009. 5 commentaires.

bac-STG-filiereA votre avis, comment se débrouille au bac une classe de filière STG, de gestion, en proche banlieue parisienne ?

Réponse : laborieusement. Les résultats sont éloquents : sur une classe de 26 élèves, seulement la moitié a été admise au premier tour. Je ne vous le fait pas dire, 50% de réussite, c’est vraiment pas beaucoup. On est loin de l’idyllique « objectif 80% de réussite au bac« , fixé par le ministère depuis déjà un certain temps.

C’est assez étrange car, d’un côté, la filière STG est réputée bien plus facile que la filière S, pourtant, le taux de réussite ne suit pas ! Si s’en est ainsi, c’est parce que les meilleurs élèves, ceux qui ont compris que c’est la série Scientifique qui ouvre toutes les portes, vont dans celle-ci. Et ils travaillent. Ceux de la STG, je ne dirais pas qu’ils sont jetés là-dedans par dépit, mais il y a un fond de vérité, malgré tout. Bref, ils sont moins studieux, moins assidus. Sous prétexte que la STG est sensé être plus facile, alors on fait moins d’effort. Et c’est là le piège : la STG n’est pas si évidente que cela. En tout cas, je ne l’ai pas trouvé particulièrement facile. Il faut gamberger un minimum.

Bon, personnellement, moi le bac, je l’ai eu avec la mention assez bien (12-14/20). J’aurais espéré une mention bien (14-16/20), mais je ne vais pas cracher dans la soupe quand le reste de la classe se traine avec difficulté pour atteindre péniblement la moyenne..

Je ne connais pas à l’heure actuelle les résultats nationaux. Mais je pense que la moyenne de tous les bacs, toute région, tournera autour de 80% de réussite… comme le veut le ministère. Je ne dit pas qu’il trafique les notes, mais disons qu’il fait le nécessaire pour assouplir les corrections des professeurs, de façon à ce que se ne soit pas trop le carnage. Ce n’est pas un secret. Notre bac n’a plus rien à voir avec celui qui existait il y a 40 ou 50 ans. Avant le taux de réussite était de 20%. C’était une autre histoire, un truc de vicieux.

Posté dans Le Baccalauréat le 7 juillet 2009. 8 commentaires.

Le bac de philosophie est bien évidemment terminé depuis déjà un bon moment pour nous, lycéens. Tout ça est déjà bien loin à présent. C’est du passé. Un passé que certains ne veulent même ne plus entendre parler…

Je reviens quand même à la charge, une dernière fois, parce que j’ai trouvé un petit article sur AgoraVox pas mal du tout qui en traite. Il est intitulé : Les sujets à la con du bac philo 2009 : en exclu, les anti-corrigés à l’usage des cancres !

Vous savez ce que c’est les questions en philo : des trucs tout bête d’une ligne qui dégénèrent en réponses de plusieurs pages (pour ma part, j’en est écrit 7 pages). Mais pour l’anti-sèche du cancre, les choses peuvent être abordées sous un autre angle (un extrait tiré de l’article ci-dessus) :

Série S : est-il absurde de désirer l’impossible ?

Une figure impossible...

Une figure impossible...

Bien évidemment qu’il est absurde de désirer l’impossible. Et même plus que ça, c’est franchement couillon. Le type qui désire l’impossible passera toute son existence dans un état frustré et finira sa vie comme chèvre. Il y a des objectifs plus nobles pour finir son existence, par exemple jouer à la roulette russe ou bien pratiquer la vie théorétique après avoir pris la décision, un soir de cuite, en relisant l’éthique de Nicomaque d’Aristote. On se demande quel est l’abruti de fonctionnaire des examens qui a proposé ce sujet. Est-ce un nostalgique de mai 68 ? Est-ce parce que Dany est très à la mode et que les réalistes de l’époque écrivaient sur les murs, soyons réalistes, demandons l’impossible. La morale de cette histoire, c’est que ceux qui ont appliqué le slogan sont allé garder des chèvres dans le Larzac et maintenant se retrouvent au Rmi. Par contre, ceux qui ont désiré le possible avec sagesse se sont placés dans les bons postes, se sont fait pleins de thune sous Mitterrand en boursicotant et maintenant, ils vont se la couler douce avec les investissements défiscalisés et tout le pognon que ça rapporte. Conclusion, il est parfaitement con de désirer l’impossible. Et ça peut même être dangereux. C’est déjà arrivé dans l’histoire. Un type qui s’appelait Adolf. La politique est dieu merci redevenue raisonnable. Un conseil cependant aux directeurs de banque. Evitez d’engager un type qui désire l’impossible. Ce n’est ni con, ni absurde mais carrément dangereux ; car votre boîte risque de couler. Souvenez-vous, un type qui s’appelait Kerviel !

Concernant mon propre avis sur la question : est-il absurde de désirer l’impossible ? A mon sens, sans entrer dans les détails, l’impossible reste avant toute chose un simple mot. Rien qu’un mot. Au même titre que « coin coin ». Ce sont les hommes qui par la suite jugent si tels actions relèves du domaine du réalisable. Et ce jugement, justement, varie énormément selon les individus. Pour une ménagère-type, l’impossible est très vite atteint. Pour l’homme qui a fait fortune, la limite est déjà bien plus lointaine. Paradoxalement, ceux qui déclarent que tels choses sont impossibles sont ceux qui n’ont même pas essayés de les faire. Bref, ce qui est absurde, c’est surtout de décréter l’impossible. J’ai une citation perso qui dit :
« Mais, ce que vous voulez faire est impossible !
- Oui, c’est bien possible… »

Pour conclure, je vous donne le commentaire d’un des internautes, à l’article en question, que j’ai particulièrement aimé :

Par LE CHAT :
ça me rappelle un sujet que j’avais eu en terminale : Dieu est il mort ??
J’ai 3/20 avec ma réponse , « aucune idée , j’ai pas reçu le faire part ! »
mon copain a eu la même note avec « Dieu n’est pas mort , car il bande encore »

stress-examen-bacC’est le dernier jour avant le bac, on le sait que trop bien. Si bon nombre de lycéens sont sur les nerfs, stressés comme des puces, moi, étrangement, ça va…

Pourtant, à priori, il y a de quoi s’inquiéter : j’ai essayé de réviser mon histoire-géo, mais au bout de 5 chapitres, voyant qu’il m’en restait autant à l’autre bout, j’ai lâché l’éponge. Et puis me rappeler cette phrase de notre professeur a eu le don de m’énerver : « normalement, l’histoire-géo, c’est une matière facile pour gagner des points ! » Je rêve ou quoi ? Des dates et des noms à la c*n à retenir, en quantité non-négligeable. Vous croyez vraiment qu’on va se prendre la tête pour une matière coefficient 2 ? Au pire, si je ne la réussi pas, j’aurai 10/20. Au mieux, si je la réussi en apprenant, j’aurais 14/20. La différence est de 4×2=8 points. Et 8 points sur un total de 800 que compte le bac, ça ne fait que 0.2 points de gagnés sur notre note sur 20 !

Perdre une journée pour essayer de gagner 1/5 de points, faut être motivé, voir non raisonnable quand on est à quelques jours de celui-ci. Mais on me dira aussi qu’il faut être suicidaire pour se mettre à réviser à quelques jours de la date butoir… mouais.. moi je pense que le suicidaire, c’est celui qui ne réviserais même pas. Si, si, ça existe.

non-maths-boulimieFranchement, en relisant mes cours, j’ai pu constater avec gravité que l’éducation nationale est par essence une entité boulimique. Vous avez vu TOUT ce qu’on a à apprendre ? En histoire-géo, une matière de rien du tout, j’ai 10 chapitres.  En éco-droit, une matière bien balèze, j’en est plus du triple ! Nous, on doit avaler et digérer tout ça… Mais qui est assez dupe pour penser que ça restera sagement dans notre ventre, bien digéré ? En vérité, dès le bac fini, qu’est-ce que tous ces petits étudiants à qui on a forcé de manger cette pâtée vont faire ? C’est simple : comme les vrais boulimiques, ils vont tout régurgiter, tout vomir.

Quand la quantité prime sur la qualité, rien de bon ne peut arriver…

Comme j’aime les calculs, je me suis fait une petite feuille Excel où j’ai mis mes prévisions de note pour le bac. Eh bien, en étant pessimiste, je l’ai sans problème, mais sans mention. Et si je suis un peu plus optimiste, je l’ai sans problème, avec mention assez bien (entre 12-14). Même en ne prenant pas la peine d’aller en philo, en hist-géo et en espagnol (coef 2), mais en réussissant à décrocher un petit 12 pour toutes les autres, j’ai mon bac.

Vraiment, le bac, malgré la boulimie de chapitres, malgré le dernier jour avant le début des épreuves, malgré un plantage dans les petits coeffs… il faut vraiment le faire exprès pour ne pas l’avoir.

Posté dans Le Baccalauréat le 17 juin 2009. Aucun commentaire.