Les IUFM se mobilisent contre la réforme visant à les supprimer… (lire l’article dans l’Express) Il y a quelque chose de logique là-dedans. Si on vous met le canon d’une arme à feu sur la tempe, forcément, vous allez faire votre possible pour que le coup ne vous fasse pas gicler la cervelle.
Grosso modo, je résume les faits : les IUFM sont des centres qui sont censés former les futurs professeurs à leur métier. Tous doivent passer par là et ne peuvent y réchapper. Mais il se trouve que le nouveau gouvernement institué par Nicolas Sarkozy estime que ces centres ne remplissent pas convenablement leur fonction. Bref, ils ne servent pas franchement à grand chose, en plus d’être un trou financier. Ce dont une grande majorité d’enseignants sont d’accord, vu la qualité de la dite formation, qui ressemble plus à un lavage de cerveau qu’autre chose, selon leur dire.
Le gouvernement lance donc un projet ambitieux : raser purement et simplement les IUFM de la surface, pour les remplacer par… rien. Et c’est là que ça fait peur et qu’on est en droit de s’inquiéter, parce si les IUFM ne forment pas suffisamment les professeurs à leur futur classe est vrai, le fait de les supprimer ne va pas améliorer les choses.
Et puis élever le niveau d’entrée au concours pour devenir professeur monté à Bac+5… c’est une douce plaisanterie. Je crois qu’un niveau d’étude supérieur n’augmente strictement pas d’un seul iota la capacité d’un enseignant à pouvoir diriger ou émouvoir une classe. Au contraire, il continuera à se faire maltraiter, humilier, et larguer par celle-ci, parce qu’il sera ennuyant à mourir et qu’il n’aura toujours pas la moindre idée de comment on arrive à faire taire un élève. Eh oui, enseigner, c’est un métier qui s’apprend comme le scandent si bien depuis peu les IUFM, pourtant loin d’être experts en la matière.

J’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre la logique de cette réforme. Quel est son bien fondé ? Parce qu’il doit forcément en avoir un. Je ne pense pas que la vision manichéenne des syndicats étudiants et enseignants reflète vraiment la réalité, du genre : « le gouvernement veut tuer l’école, économiser l’argent pour engraisser les patrons, copains de Sarko comme on le sait tous ! A la lutte, camarades ! »
Cela dit, comme je l’avais gentiment souligné dans un ancien billet (Un IUFM se rebelle, il ne veut pas disparaître !), le fait que les IUFM bougent leur fesse qu’au moment où ils sentent que ça sent le roussi pour elles résume à mon sens leur attitude opportuniste et finalement beaucoup moins altruiste qu’on pourrait le croire (Ne nous tuez pas ! Nous voulons sauver la formation des enseignants !)


En surfant du côté de l’Education Nationale, voilà sur quoi je tombe : 
