Hier, Dimanche 29 Août 2010, le ministre de l’Éducation nationale s’est dit « favorable » à ce que les élèves aient l’obligation de se lever à l’entrée en classe de leur professeur.

Jusqu’ici, rien de choquant. Beaucoup de professeurs pratiquent déjà cette façon de faire, comme le ministre le fait remarquer lui-même. Seulement, y a un truc qui a tendance à me choquer / m’amuser. Voici la phrase dans son ensemble : « Je suis favorable à ce que, dans le cadre du respect du professeur et de l’incarnation de l’autorité, les élèves se lèvent quand le professeur entre dans la classe. »

C’est pour plaisanter ? « Le cadre du respect du professeur et de l’incarnation de l’autorité » ? Non mais franchement, qui va avaler ces salades ? La grande majorité des professeurs ont perdu presque toute autorité sur leurs élèves. Leurs élèves bavardent et se fichent royalement de « respecter » la fonction du professeur. Le professeur ne sait pas ce que c’est d’imposer le silence dans son cours. Et pour cause : on ne lui a jamais dit comment faire ! Maîtriser une classe de 25-30 élèves, voir plus, ça ne s’improvise pas ! Et maintenant que les tristes IUFM ont disparus, ça ne va pas s’arranger. Il est clair que ce n’est pas le fait de se lever au début du cours qui y changera quoique se soit.

En Terminale, j’avais un professeur d’anglais qui demandait à notre classe de rester debout au début du cours, jusqu’à ce qu’il daigne enfin nous dire : « Sit down, thank you ». Mais ça ne n’empêchait pas du tout les 3/4 des élèves de discuter entre eux et d’ignorer ouvertement ses « Please, be quite ! » pendant tout le restant de l’heure.

Quand on met la charrue avant les bœufs…

La vidéo en question :

Posté dans Actualité sur l'éducation le 30 août 2010. Aucun commentaire.

Les IUFM se mobilisent contre la réforme visant à les supprimer… (lire l’article dans l’Express) Il y a quelque chose de logique là-dedans. Si on vous met le canon d’une arme à feu sur la tempe, forcément, vous allez faire votre possible pour que le coup ne vous fasse pas gicler la cervelle.

iufm-reforme-greve-profGrosso modo, je résume les faits : les IUFM sont des centres qui sont censés former les futurs professeurs à leur métier. Tous doivent passer par là et ne peuvent y réchapper. Mais il se trouve que le nouveau gouvernement institué par Nicolas Sarkozy estime que ces centres ne remplissent pas convenablement leur fonction. Bref, ils ne servent pas franchement à grand chose, en plus d’être un trou financier. Ce dont une grande majorité d’enseignants sont d’accord, vu la qualité de la dite formation, qui ressemble plus à un lavage de cerveau qu’autre chose, selon leur dire.
Le gouvernement lance donc un projet ambitieux : raser purement et simplement les IUFM de la surface, pour les remplacer par… rien. Et c’est là que ça fait peur et qu’on est en droit de s’inquiéter, parce si les IUFM ne forment pas suffisamment les professeurs à leur futur classe est vrai, le fait de les supprimer ne va pas améliorer les choses.

Et puis élever le niveau d’entrée au concours pour devenir professeur monté à Bac+5… c’est une douce plaisanterie. Je crois qu’un niveau d’étude supérieur n’augmente strictement pas d’un seul iota la capacité d’un enseignant à pouvoir diriger ou émouvoir une classe.  Au contraire, il continuera à se faire maltraiter, humilier, et larguer par celle-ci, parce qu’il sera ennuyant à mourir et qu’il n’aura toujours pas la moindre idée de comment on arrive à faire taire un élève. Eh oui, enseigner, c’est un métier qui s’apprend comme le scandent si bien depuis peu les IUFM, pourtant loin d’être experts en la matière.

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J’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre la logique de cette réforme. Quel est son bien fondé ? Parce qu’il doit forcément en avoir un. Je ne pense pas que la vision manichéenne des syndicats étudiants et enseignants reflète vraiment la réalité, du genre : « le gouvernement veut tuer l’école, économiser l’argent pour engraisser les patrons, copains de Sarko comme on le sait tous ! A la lutte, camarades ! »

Cela dit, comme je l’avais gentiment souligné dans un ancien billet (Un IUFM se rebelle, il ne veut pas disparaître !), le fait que les IUFM bougent leur fesse qu’au moment où ils sentent que ça sent le roussi pour elles résume à mon sens leur attitude opportuniste et finalement beaucoup moins altruiste qu’on pourrait le croire (Ne nous tuez pas ! Nous voulons sauver la formation des enseignants !)

Posté dans Actualité sur l'éducation le 7 décembre 2009. Aucun commentaire.
La réforme du lycée

Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale.

Nous sommes beaucoup à entendre parler de la fameuse réforme du lycée, mais finalement assez peu à savoir de quoi il s’agit précisément. L’autre jour, en allant tranquillement à mon cours de psychologie à l’université, un étudiant engagé me colla un prospectus à la figure. Et ce prospectus, non seulement je l’ai lu, mais en plus je l’ai gardé. Les premières lignes sont celles-ci : « Contre la casse du Bac et de la LRU : Construisons l’unité des lycéens et des étudiants ! »

Bon… ce qu’ils proposèrent de concret fut d’aller se rassembler dans la rue et de se mettre en mode « manifestant ». Leur petit prospectus n’était pas mauvais. Question orthographe, ils s’en sont bien sortis puisque je n’y ai pas relevé de fautes – ce qui était loin d’être le cas lorsque j’étais encore au lycée et où les avis de manifestation en étaient constellés.

Ce qui est vraiment très étrange est cet espèce de no man’s land qui existe entre le ministère et l’école. L’impression que j’ai est celle de voir un ministère se comportant comme un petit intello qui cache sa copie de contrôle avec ses mains pour pas que son analphabète de voisin ne puisse profiter de son ô combien grand savoir. Il élabore sa petite réforme dans son coin, puis une fois qu’il est satisfait de lui-même, alors il déclare ses intentions à tous :
« Elèves et autres mécréants, soyez heureux car à présent je vous ai trouvé  la solution à vos problèmes existentiels. Je vous ai concocté une fabuleuse réforme dont l’ambition est d’annihiler vos faiblesses pour les transformer en qualités inspirés par mes soins. Je veux votre réussite. Croyez-moi. N’essayez pas de me résister, de protester, ou de lutter. Soumettez-vous à mon immensité. Amen. ».

Que le gouvernement émette des idées de changement pour l’école, je suis totalement pour, parce qu’il est clair que vu l’état dans lequel elle est embourbé, ça serait la moindre des choses de lui prêter main forte. Par contre, ce que je trouve très arrogant de sa part est d’avoir la prétention de détenir LA vérité. Bref, son idée de réforme, ça n’est plus une idée, c’est un PLAN qu’il suivra COÛTE QUE COÛTE, et ceci est dépit des vents et marées (traduire: protestations et désaccords). Il semble intimement convaincu d’avoir raison, que sa réforme est la bonne, si bien qu’il a l’air de refuser tout dialogue – sinon pourquoi y aurait-il des manifestations ?
C’est à partir de là que ça devient dangereux car si le ministère joue au vieux singe aveugle et sourd, que les étudiants sont obligés d’aller brailler dans la rue pour arriver à se faire entendre, alors nous sommes en présence de fanatisme. On peut aussi dire que la démocratie se prend une belle claque dans la tronche et un joli coup de soulier dans les reins.

Présentation de la réforme du lycée par Luc Chatel:

Définition de Fanatique : le terme fanatique désigne celui qui au nom d’une foi est capable de faire n’importe quoi pour la faire triompher.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 25 novembre 2009. Aucun commentaire.

La rentrée scolaire se déroule, comme à peu près chaque année, sans ac-coup. Celle de 2009 n’a pas raison d’y faire défaut, malgré le fait qu’elle se fasse sur un fond de crise financière et économique, sous la menace d’un virus à grippe au potentiel destructeur encore incertain, et sur des réformes de l’Éducation Nationale plutôt contestées.

Voici un court extrait de journal télévisé parlant de cette rentrée – ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant, ça sert juste pour accompagner mon texte !

Je pense aux professeurs que j’ai eu durant l’année 2008-2009. Je me souviens, il y a à peine 2 mois, alors qu’ils félicitaient les nouveaux bacheliers, je leur annonçais que très vite, à peine le temps de souffler, ils seraient déjà face à un nouveau bataillon d’élèves ; et hop, une nouvelle année scolaire aurait commencé. Ce jour prédit, c’est maintenant. Et c’est vrai que ces deux mois de vacances semblent avoir passé tellement vite…

La rentrée des classes

La rentrée des classes, est-elle vécue péniblement par les élèves ?

Je repense à tous ces enseignants qui, cette année encore, vont reproduire le même schéma, le même comportement, les mêmes automatismes, face à leurs nouvelles classes. Et je me dis que ça ressemble comme deux gouttes d’eau à un cycle morbide. Par exemple, cet ancien professeur d’anglais qui était incapable de gérer ne serait-ce qu’une demi-classe ou de lui apprendre quoi que se soit d’utile, eh bien, va à nouveau être aux commandes de dizaines d’élèves. Ne trouvez-vous pas ça malsain, vous ? Ne trouvez-vous pas pervers le fait de payer un individu tous les mois dont le job consiste à démotiver et rabaisser le niveau de jeunes lycéens ? Cet enseignant ne le fait évidemment pas volontairement mais, pourtant, je vous assure que le mal est bien présent.

Le cas de ce professeur d’anglais est assez révélateur dont comment l’école fonctionne. Tous ne sont pas comme lui, vous me direz, et c’est vrai, mais beaucoup sont enlisés avec plus ou moins de force dans ce genre de travers. Mais le pire, le pire de ce cercle malsain, c’est qu’un jour, un inspecteur, dont le rôle et de vérifier que les enseignants font bien leur travail, viendra juger du travail de ce professeur, et oh…! avec un peu de chance il le trouvera satisfaisant et lui octroiera même une augmentation de salaire. Formidable pour lui. Catastrophique pour la société.

D’après ce que je peux estimer des réformes annoncées par Luc Chatel, nouveau ministre de l’Éducation Nationale, je ne crois pas qu’elles changeront quoi que se soit au problème de fond de l’école contemporaine – sans pour autant aggraver les choses. Mais j’en reparlerai plus en détail dans un autre billet.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 2 septembre 2009. 2 commentaires.

iufm-en-colereEn surfant du côté de l’Education Nationale, voilà sur quoi je tombe : un billet qui soutiendrait apparemment le maintient des IUFM. Cela m’a fait doucement rire, quand on sait la réputation qu’ont ce genre d’établissements.  C’est limite comme un assassin qui, capturé, refuserait de passer sur la chaise électrique. On peut comprendre que se soit un peu dur pour lui : il va mourir… M’enfin, bon, vu tout le mal qu’il a fait, c’est quelque part un peu légitime, non ?

Voilà l’un de leurs communiqués (ça date de mars 2009) :

« L’assemblée générale de l’IUFM de l’Académie de Paris, école interne de l’Université Paris IV-Sorbonne, réunie le mercredi 4 mars 2009 confirme la pleine et entière mobilisation des étudiants, stagiaires, formateurs et personnels pour défendre une formation de qualité des enseignants.

Ils appellent solennellement la Conférence des Présidents d’Université à exiger le maintien en 2010 des concours de recrutement sous leur forme actuelle et à faire en sorte que s’engagent de véritables négociations sur la formation et le recrutement des enseignants avec tous les partenaires concernés »

C’est assez ironique de voir les IUFM prôner l’apprentissage du métier de professeur, alors qu’eux n’ont pas réussi à y parvenir. A mon avis, ces instituts mériteraient juste une bonne grosse réforme de fond, pour avoir enfin des centres offrant de vrais formations pour les enseignants.

Posté dans Actualité sur l'éducation le 29 août 2009. 3 commentaires.