Cela faisait un bon moment que je n’avais plus posté et commenté de citations. Je rappelle le principe : je donne des citations et j’y apporte des explications personnelles dessus. Ca donne comme ça une petite valeur ajoutée à celles-ci et permet de, peut-être, y cerner des aspects nouveaux pour vous.
Les discussions de classe consistent à laisser vingt lourdauds et deux prétentieux parler avec leur professeur de quelque chose qu’aucun d’entre eux ne comprend. Vladimir Nabokov
C’est curieux car je suis assez d’accord avec l’auteur. La plupart du temps, lorsque vient la merveille idée au professeur de faire un « débat de classe » – histoire de se reposer un peu sur les élèves, qui sait ? – ça tourne au grand n’importe quoi. Les élèves racontent des banalités à coucher par terre et, ce qui se passe, c’est que ceux qui ont de bonnes idées ne les disent pas (parce qu’ils sont timides, mince) et ceux qui en ont aucune mais qui ont envie de parler ne se gênent pas.
Le professeur aurait très pu expliquer directement ce qu’il y a à expliquer sans passer par la case « discussion de groupe ». Et même si le côté « cours vivant, dynamique et branché » est tentant pour le professeur, en faisant participer massivement les élèves, c’est très souvent un simple leurre. En d’autres termes, le prof manipule ses élèves pour avoir les réponses qu’il attend, ce qui fait en fin de compte perdre du temps à tout le monde.
Écoles : établissements où l’on apprend à des enfants ce qu’il leur est indispensable de savoir pour devenir des professeurs. Sacha Guitry
Ah ! Je suis à nouveau d’accord avec cette citation. C’est vrai qu’il y a dans les cours un côté bizarre… lunaire, je dirais même. Au lycée, par exemple en mathématiques, on apprend les logarithmes népériens. Rien que le nom ça fait peur. Et croyez-moi : ce n’est pas qu’une impression. Ca fait vraiment peur. Et c’est comme ça dans toutes les matières : elles ont toutes leur « petit spécial » qu’elles adorent balancer à la tronche d’élèves hébétés.
La plupart de ce qu’on apprend ne trouvera pas la moindre utilité dans la vie. Même dans les cas extrêmes, genre « comptable ». Et ce qui ne sert à rien, on oubli. Or, on oubli presque tout de notre vaillant passage à l’école, donc… L’un des seuls métiers qui peut recycler ce genre de chose, c’est… celui d’enseignant.
Vous allez avoir l’occasion dans ce billet de me voir en chair et en os sur un thème tout à fait présent dans les salles de classe : le chantage des professeurs.
L’idée que je défends est que le prof qui fait du chantage, comme coller un interro parce qu’ils n’arrive pas à avoir le silence, ou alors se mettre à dicter à toute vitesse le cours, a un comportement de lâche. Oui, le mot est fort, mais j’insiste bien.
Alors, évidemment, je cherche avec cette vidéo à faire prendre conscience aux enseignants le malaise qui peut se glisser insidieusement dans leurs cours. Malaise qui les conduit à agir n’importe comment pour atteindre le calme, jusqu’à même plomber tout l’intérêt d’aller en classe pour l’élève. Parce que faire gratter pendant tout le cours les élèves, certes ça a le mérite de les refroidir, mais à quel prix !?
Excellent sketch d’Albert Dupontel dans la peau d’un élève « un peu » sous pression puisqu’il lui reste approximativement 2 minutes pour apprendre tout son programme de philo avant de passer l’oral devant le jury. Mais heureusement que le bonhomme est plein de… ressources.
Bon visionnage !
C’est un très vieux sketch qui doit avoir plus d’une vingtaine d’années d’ancienneté, il me semble. Dupontel l’avait refait en présence de Patrick Sébastien récemment (vous pouvez le voir en cherchant un peu sur YouTube), mais je trouve que sa nouvelle prestation fut moins bonne que l’ancienne (donc du sketch que vous voyez dans ce billet).
Ce sketch de Dieudonné n’est pas des plus récents, pourtant, son sujet est quelque peu dans l’actualité, avec le débat sur la burqa et son interdiction en France. On a donc l’humoriste qui simule une réunion parents d’élève / professeurs sur le cas très problématique d’une élève (Rachida) dans l’école qui est venue en cours avec un voile islamique sur la tête.
Il est coupé en deux parties de 10mn chacune. C’est un peu long pour un sketch, mais ça vaut largement le détour :
Dès la deuxième partie, cela dévie dans un énorme hors-sujet où chacun raconte ses propres tracas et sa vie.
Les protagonistes :
M. Lebosi, le prof principal.
M. Maclouf, le musulman.
M. Blumental, le bourge.
Mme. Cochon, la chrétienne.
Le papa africain.
Mme Wuang, la vietnamienne.
Extrait de l’émission RMC avec comme invité Sébastien Clerc. Je vous invite à l’écouter (elle est courte), car c’est assez intéressant :
Qui est Sébastien Clerc ?
C’est un professeur de français et d’histoire. Il vit en Seine-Saint-Denis (93), où il enseigne dans un lycée professionnel. S’il est connu, c’est parce que les médias se sont intéressés à son cas, et plus particulièrement au livre qu’il a écrit, destiné à ses collègues enseignants : « Au secours ! Sauvons notre école ! »
Ce livre est à peu près un mélange de l’histoire personnelle de ce jeune professeur et de ses débuts (très) difficiles dans son nouveau métier, mélangé à tout un tas de conseils sur comment tenir sa classe. Car au fil des années, il a appris de ses erreurs. Et à présent, selon ses dires, il s’en sort plutôt bien. Il a voulu donc partager son expérience et ses réflexions.
Sébastien Clerc.
Un manque de caractère ?
Déjà, première chose que l’on remarque de manière flagrante chez Sébastien Clerc, je le dis tout à fait sincèrement, c’est son manque absolu de charisme. Franchement, ce professeur ne dégage de sa personne aucune autorité. Sa voix est douce, complaisante, son regard bienveillant et (trop) gentillet. Bref, il n’est pas crédible.
Pour tout vous dire, j’avais vu il y a un moment un reportage sur France 2, faisant le portrait de ce professeur. Dans la première scène, on voit une salle de classe remplie d’élèves très bruyants. Le prof en place essaye tant bien que de mal de se faire respecter et surtout de se faire entendre. Moi, je m’attends à ce que la voix off dit : « voilà le quotidien difficile des jeunes professeurs sans réelle formation dans les lycées pros ». Eh bah non ! Figurez-vous que la voix off sort un truc totalement surréaliste : « ce jeune professeur en apparence en difficulté, c’est Sébastien Clerc. Et en réalité il sait très bien ce qu’il fait. » La scène suivante, on voit effectivement la même classe silencieuse. Et pour cause : Sébastien Clerc leur fait écouter en guise « d’initiation à la poésie », si je me souviens bien, une musique de rap… Forcément, ça calme.
Jolie démagogie
Mon titre de billet est un brin provocateur « Sébastien Clerc, le faux messie », puisque de toute façon le principal concerné ne se considère absolument pas comme tel. Il tente juste d’aider très humblement les nouveaux profs, afin de leur éviter d’endurer tout ce que lui-même a enduré.
Dans l’extrait de l’émission RMC, ce cher Sébastien Clerc nous sort à un certain moment : « A l’IUFM, il y a une très bonne formation pour ce qui est de fabriquer des cours, c’est-à-dire de la partie travail à la maison du métier, mais il y a aucune formation pour ce qui est du métier en lui-même. »
Quand Sébastien Clerc dit que l’IUFM offre une excellente formation pour créer ses cours, où est-ce qu’il sort ça ? Il a vu jouer ça où ? Les très jeunes profs sur lesquels je suis tombé, ils se reconnaissaient très facilement : ils suivaient à la lettre les directives des IUFM sur la construction de leur cours : « alooors, marquez séance 1, objectif de séance, définitions… » Du gaz soporifique compacté en barquettes et rien de plus.
IUFM, le point d'honneur.
Moi à mon avis, à l’IUFM, il n’y pas de formation tout court, à part une bonne pâtée de pipeau enrobée dans une sauce pseudo-pédago.
Un peu après, Sébastien Clerc poursuit sur sa percée rédemptrice : « Sous prétexte qu’il n’y a pas de recettes miracles – et ça c’est vrai : il n’y a pas de recette miracle – on se refuse de parler de tout un tas de petites recettes qui font que aujourd’hui après 8 ans de métier, avec les 4/5 de mes classes ça se passe bien. Quand j’ai démarré c’était le rapport inverse. »
Oooh… c’est bizarre, comment peut-il être aussi certain de lui qu’il n’existe pas de solutions meilleures que les siennes ? Comment sait-il que ça n’existe pas ? Que ça ne peut pas exister ? Parce qu’il n’en a jamais entendu parler, tout comme la quasi-totalité des profs ?
Surtout que je propose moi-même un méthode plutôt sympathique puisque son ambition affichée est de permettre tout ce que Sébastien Clerc se refuse à croire : réussir à avoir le silence dans son cours, un point c’est tout. Est-elle une recette miracle ? Elle en a les airs. Mais je refuse de l’appeler comme ça. Ça ne lui rend pas honneur. Cela ne rend pas honneur à sa construction fondée sur la logique et le bon sens le plus strict. D’autant plus qu’elle est le fruit de l’observation des meilleurs professeurs de ma scolarité tortueuse.
Je m'appelle Brice Conte-Ydier et je suis étudiant en psychologie.
Je commente l'actualité sur l'école, les professeurs ou l'enseignement. Je regroupe aussi tous les choses humoristiques que l'on peut trouver sur ce sujet.
Ne me privant pas pour donner mon avis sur certains sujets, parfois polémiques, je vous invite à réagir si le cœur vous en dit en commentaire de billet.